Santé psychologique : détection et intervention

Les problèmes de santé psychologique sont très présents dans la société et dans tous les milieux de travail. Les statistiques québécoises indiquent que cinq personnes sur dix seront un jour confrontées à des problèmes de santé psychologique. Ce qui signifie que même si ce n’est pas nous-mêmes, il y a bien des chances qu’une personne de notre entourage en sera affectée. C’est pourquoi il est important de savoir les déceler. Aussi, puisque nous passons de nombreuses heures au travail, les collègues sont souvent les premières personnes à détecter un problème chez un membre de leur équipe. 

Quels sont les principaux signes qui peuvent être indicateurs d’un problème au travail?

Premièrement, il faut observer les changements d’attitude et de comportement.  Les gens ponctuels qui accumulent des retards, ceux habituellement souriants qui deviennent moroses, ceux qui ne respectent plus les délais… On peut aussi observer des difficultés de performance (manque de concentration, à apprendre de nouvelles notions…). Il peut aussi y avoir des difficultés relationnelles telles que de l’impatience, de la colère, des conflits, etc. Un poste de travail ou une tenue désordonnée peuvent aussi être des signes. Finalement, des moments d’anxiété, des mensonges pour se justifier, la prise de risques inutiles, des idées suicidaires peuvent aussi être des signaux d’alarme. Toutefois, il ne faut pas oublier que ce n’est pas parce que quelqu’un présente un ou quelques-uns de ces signes qu’il y a problème! C’est pourquoi il faut intervenir auprès de la personne pour confirmer qu’il ou elle a besoin d’aide.

Mais comment aborder un-e collègue?

C’est une question que plusieurs se posent. Le plus important est de se préparer. Prenez le temps d’observer la personne et de noter les signes qui vous inquiètent (ex. : retard inhabituel, impatience). Cela vous permettra de parler en "je" et de montrer que vous vous souciez de l’autre.

Ensuite, décidez du meilleur moment et endroit pour rencontrer la personne. On évite les lieux publics où il peut être difficile de discuter de sujets plus intimes. Il faut aussi planifier suffisamment de temps pour discuter sans interruption (on ne répond pas au téléphone et aux courriels pendant la discussion).

Lors de la rencontre, premièrement, partagez vos observations (utilisation du "je") et votre inquiétude.  Ensuite, laissez la personne s’exprimer, elle sera souvent surprise et aura besoin de temps pour réfléchir avant de répondre. Il ne faut pas jouer aux spécialistes, si on vous confirme qu’il y a un problème, il faut partager avec la personne les ressources d’aide disponibles et l’encourager à y aller. Après, vous pouvez aussi discuter des accommodements possibles (ex.: jour de repos, vacances…) tout dépendamment des contraintes de votre milieu.

À la fin de l’entretien, il est recommandé de prévoir une seconde rencontre afin de faire un suivi et de s’assurer que la situation s’améliore.  

En cas d'urgence

La méthode d’intervention précédente est adéquate lorsqu’il n’y a pas urgence (état de crise, pensées suicidaires…). Si un membre de votre équipe vous apparaît en crise, vous devez intervenir promptement. Ne doutez pas et fiez-vous à votre instinct!

Rappelez à la personne que vous êtes inquiet-e, demandez-lui si elle a des idées noires, ne la laissez seule et ne promettez pas de garder le secret. Ensuite, contactez rapidement des spécialistes (ligne info-suicide, 811, 1-866-Appelle…) qui sauront vous conseiller et décider des prochaines étapes. 

 

article rédigé par le Réseau 3S&E, un réseau de professionnels et de gestionnaires en santé, sécurité, société et environnement (SSSE) mettant leur expertise, leurs compétences et leur temps au service d’organisations nationales et internationales afin de les aider à développer leur capacité à mieux intégrer et prendre en charge les dimensions SSSE au sein de leurs opérations.
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